RGPD : comment sont traitées les données d'un lead
Base légale, mentions obligatoires, durée de conservation, rôles respectifs du vendeur et de l'acheteur, droits des personnes. Ce qu'il faut avoir en place quand on achète ou revend des contacts de particuliers.
1. Ce que contient un lead, du point de vue du RGPD
Un lead n'est pas une ligne de tableur anonyme. Il contient un nom, un numéro de téléphone, souvent une adresse e-mail et un code postal, parfois des éléments sur le logement : mode de chauffage, statut de propriétaire, niveau de facture énergétique.
Toutes ces informations sont des données à caractère personnel. Leur collecte, leur stockage, leur transmission et leur suppression constituent autant de traitements soumis au règlement général sur la protection des données et à la loi Informatique et Libertés.
Le point souvent négligéLa revente d'un lead est elle-même un traitement. Elle doit avoir été prévue, annoncée à la personne au moment de la collecte, et tracée.
2. La base légale : le consentement
Six bases légales existent dans le RGPD. En génération de leads BtoC, c'est le consentement qui s'applique : la personne remplit un formulaire de sa propre initiative et demande à être recontactée.
Pour être valable, ce consentement doit réunir quatre qualités et rester réversible :
- Libre — non conditionné à l'accès à un service ou à la promesse d'un avantage disproportionné.
- Spécifique — donné pour une finalité identifiée, et non pour « recevoir des informations » en général.
- Éclairé — la personne sait qui traite ses données, pourquoi, et qui les recevra.
- Univoque — un acte positif clair. Une case pré-cochée, une inaction ou l'acceptation globale de CGU ne valent pas consentement.
- Révocable — retirable à tout moment, aussi simplement qu'il a été donné.
3. Qui est responsable de quoi
C'est la question qui décide de tout le reste, et celle qui est le plus souvent laissée dans le flou entre un vendeur de leads et son client.
| Acteur | Rôle habituel | Ce qui lui incombe |
|---|---|---|
| Le générateur du lead | Responsable de traitement pour la collecte | Formulaire, mentions d'information, recueil et conservation de la preuve du consentement |
| L'acheteur du lead | Responsable de traitement pour son usage | Information à la première prise de contact, registre, durée de conservation, réponse aux demandes de droits |
Chacun répond de son propre traitement : il ne s'agit pas d'une relation de sous-traitance, où l'un agirait uniquement sur instruction de l'autre. La qualification dépend toutefois des circonstances réelles, et il est vivement recommandé de la formaliser par écrit dans le contrat qui lie les deux parties.
4. Ce qui doit figurer sur le formulaire
Au moment où la personne saisit ses données, elle doit pouvoir lire, sans avoir à chercher :
- L'identité et les coordonnées du responsable de traitement.
- La finalité : être rappelé au sujet d'un projet de travaux, par exemple.
- La base légale, à savoir le consentement.
- Les destinataires, ou au minimum les catégories de destinataires — c'est ici que se joue la licéité de la transmission à un installateur.
- La durée de conservation, ou les critères qui la déterminent.
- Les droits dont dispose la personne, et la façon de les exercer.
- Le droit d'introduire une réclamation auprès de la CNIL.
L'erreur classiqueRenvoyer l'ensemble de ces mentions vers une politique de confidentialité que personne n'ouvre, en ne laissant sur le formulaire qu'une case « j'accepte les conditions ». L'information doit être accessible au moment de la collecte, et le consentement recueilli de façon distincte.
5. Combien de temps conserver un lead
Le règlement n'impose pas de durée chiffrée : il exige une durée proportionnée à la finalité. En prospection commerciale, la référence retenue par la CNIL est de trois ans à compter du dernier contact resté sans réponse de la personne.
Passé ce délai, deux options : la suppression, ou l'archivage intermédiaire à accès restreint lorsqu'une obligation légale le justifie. Dans les deux cas, la donnée sort des bases de prospection actives.
6. Les droits des personnes, et comment les traiter
Toute personne dont vous détenez les données peut exercer un droit d'accès, de rectification, d'effacement, d'opposition, de limitation et de portabilité. Le délai de réponse est d'un mois, prorogeable dans des cas limités.
En pratique, deux conditions rendent ces demandes traitables :
- Savoir où se trouve la donnée : base de collecte, CRM du client, fichiers d'export, sauvegardes.
- Savoir à qui elle a été transmise, pour répercuter la demande. Sans traçabilité lead par lead, cette obligation est impossible à honorer.
7. Sécurité et transmission
Les données doivent être protégées par des mesures techniques et organisationnelles adaptées. Pour une activité de génération de leads, les points sensibles sont concrets :
- Transmission chiffrée entre le formulaire, la base et le CRM du client — pas de fichier de contacts envoyé en pièce jointe non protégée.
- Accès nominatifs et limités aux personnes qui en ont besoin.
- Hébergement dans l'Union européenne, ou encadrement contractuel en cas de transfert hors UE.
- Registre des traitements tenu à jour, obligatoire dès lors que le traitement n'est pas occasionnel.
- Procédure de notification en cas de violation de données : 72 heures pour informer la CNIL.
8. Notre pratique chez Stam Lead
Nous collectons et traitons des données personnelles dans le cadre de la vente de leads et de services de communication. Les informations recueillies sont utilisées exclusivement pour la gestion des commandes et le suivi des relations commerciales.
Nos formulaires comportent une case de recueil du consentement, distincte de l'acceptation des conditions générales. Les personnes disposent d'un droit d'accès, de rectification, de suppression et d'opposition, exerçable à l'adresse international.stam
Ce que nous pouvons cadrer avec vousLe libellé exact de la case de consentement sur vos tunnels, la mention des destinataires, la répercussion des demandes de suppression et la répartition écrite des rôles entre nos deux structures. Appelez le 01 88 83 82 63 pour en parler avant votre première commande.
Sources et références
- CNIL — le règlement général sur la protection des données
- CNIL — prospection commerciale par téléphone
- Ce que change la loi du 11 août 2026
- Nos mentions légales et CGV
Cette page présente les principes généraux du RGPD appliqués à la génération de leads. Elle ne constitue pas un conseil juridique et ne dispense pas d'une analyse de votre situation propre.
Ce qu'on nous demande sur les données.
Un lead contient-il des données personnelles ?
Oui, par définition. Nom, prénom, numéro de téléphone, adresse e-mail, code postal, parfois le mode de chauffage ou la nature du logement : ce sont toutes des données à caractère personnel au sens du RGPD, et leur traitement est encadré.
Sur quelle base légale repose la collecte d'un lead ?
Sur le consentement de la personne. Elle remplit un formulaire, coche une case dédiée et demande à être rappelée. Ce consentement doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, et il doit pouvoir être retiré aussi simplement qu'il a été donné.
Le vendeur de leads est-il sous-traitant de l'acheteur ?
Généralement non. Le vendeur détermine les finalités et les moyens de sa collecte, l'acheteur détermine ensuite ce qu'il fait des contacts reçus : chacun agit comme responsable de traitement pour sa propre activité. La qualification exacte dépend des faits, et il est recommandé de la formaliser par écrit entre les deux parties.
Quelles informations doivent figurer sur le formulaire de collecte ?
L'identité du responsable de traitement, la finalité de la collecte, les destinataires ou catégories de destinataires des données, la durée de conservation, l'existence des droits d'accès, de rectification, d'effacement, d'opposition et de portabilité, ainsi que la possibilité d'introduire une réclamation auprès de la CNIL.
Combien de temps peut-on conserver un lead ?
Le RGPD ne fixe pas de durée chiffrée : il impose une durée proportionnée à la finalité. En matière de prospection commerciale, la CNIL retient une référence de trois ans à compter du dernier contact resté sans réponse. Au-delà, les données doivent être supprimées ou archivées.
Que faire si un prospect demande la suppression de ses données ?
Il faut y donner suite dans un délai d'un mois, supprimer les données des bases actives et répercuter la demande auprès de ceux à qui les données ont été transmises. C'est pour cette raison qu'il faut savoir, lead par lead, à qui il a été livré.
Faut-il tenir un registre des traitements ?
Oui. Le registre est obligatoire dès lors que le traitement n'est pas occasionnel, ce qui est le cas de toute activité de prospection régulière. Il recense les finalités, les catégories de données, les destinataires, les durées de conservation et les mesures de sécurité.
Quel est le lien avec la loi du 11 août 2026 ?
Les deux textes se superposent sans se confondre. Le RGPD encadre le traitement des données ; la loi du 30 juin 2025 encadre l'acte d'appeler. À partir du 11 août 2026, un consentement RGPD valable ne suffit plus s'il ne couvre pas spécifiquement le démarchage téléphonique.
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