Démarchage téléphonique : ce que change le 11 août 2026
À partir de cette date, aucun appel commercial vers un particulier n'est licite sans son consentement préalable, et Bloctel disparaît. Voici le régime, ce qu'il implique pour l'achat de leads, et les points à vérifier chez votre fournisseur.
1. Le texte, et la date
La règle est posée par l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, qui modifie les articles L. 223-1 et suivants du code de la consommation. Ses dispositions entrent en vigueur le 11 août 2026.
Le projet initial ne visait que deux secteurs, la rénovation énergétique et l'adaptation des logements au handicap et à la vieillesse. Son champ a été élargi à l'ensemble des secteurs d'activité au cours des débats.
2. Ce qui change exactement
| Jusqu'au 10 août 2026 | À partir du 11 août 2026 | |
|---|---|---|
| Principe | Appel autorisé par défaut | Appel interdit par défaut |
| Mécanisme | Opt-out : le consommateur s'oppose | Opt-in : le consommateur consent |
| Bloctel | En service | Supprimé |
| Preuve | Respect des listes d'opposition | À la charge du professionnel |
3. À quoi ressemble un consentement valable
Le consentement doit réunir quatre qualités, reprises du régime des données personnelles, plus une cinquième propre à ce texte.
- Libre — obtenu sans pression et sans conditionner l'accès à un service.
- Spécifique — donné pour le démarchage téléphonique, et pas globalement pour « recevoir des informations ».
- Éclairé — la personne sait qui l'appellera et pour quoi.
- Univoque — un acte positif clair, typiquement une case à cocher dédiée et non pré-cochée.
- Révocable — retirable à tout moment, aussi simplement qu'il a été donné.
Le piège le plus courantL'acceptation des conditions générales d'utilisation ne vaut pas consentement au démarchage. Une case unique qui mélange CGU, newsletter et rappel téléphonique ne remplit pas la condition de spécificité.
Le texte prévoit par ailleurs qu'au moment où il recueille un numéro de téléphone, le professionnel informe la personne que toute sollicitation commerciale suppose son consentement préalable. Lorsque ce recueil intervient à l'occasion de la conclusion d'un contrat, le contrat doit mentionner clairement l'interdiction de démarcher sans consentement.
4. La charge de la preuve
C'est le point le plus lourd en pratique. Ce n'est pas au consommateur de prouver qu'il n'a pas consenti : c'est au professionnel de démontrer comment, quand et dans quelles conditions le consentement a été recueilli.
Pour une entreprise qui appelle des contacts achetés, cela signifie qu'il faut être en mesure de remonter, pour chaque numéro composé, à la trace du consentement : la page où il a été donné, le libellé exact de la case, la date et l'heure. Une capture d'écran du formulaire ne suffit pas à établir le consentement d'une personne donnée.
5. Les exceptions
Deux cas principaux échappent au régime. L'appel intervenant dans le cadre de l'exécution d'un contrat en cours reste possible. Et la prospection en vue de la fourniture de journaux, périodiques ou magazines relève d'un régime particulier, dont les jours, horaires et fréquences sont fixés par décret.
Des textes d'application sont attendus pour préciser plusieurs modalités. Les règles décrites ici sont celles fixées par la loi elle-même.
6. Ce que ça change pour l'achat de leads
Le modèle du lead n'est pas remis en cause : un particulier qui remplit un formulaire et coche une case pour être rappelé exprime précisément le consentement que la loi exige. C'est la prospection à froid sur fichier qui devient impraticable.
En revanche, trois exigences se déplacent vers l'acheteur de leads :
- Le consentement doit être documenté à la source, donc chez le générateur du lead — c'est-à-dire chez votre fournisseur.
- Cette preuve doit vous être transmissible, puisque c'est vous qui passerez l'appel et qui devrez la produire en cas de contrôle.
- Le libellé de la case doit couvrir votre appel à vous, et pas seulement une communication générique du site collecteur.
Autrement dit, la conformité devient un critère de choix du fournisseur au même titre que l'exclusivité ou le taux de transformation.
7. Les sept points à vérifier chez votre fournisseur
- Une case de consentement dédiée au rappel téléphonique, séparée des CGU et de la newsletter.
- Cette case non pré-cochée.
- Un libellé qui nomme l'entreprise qui appellera, ou la catégorie de partenaires, sans ambiguïté.
- La mention d'information prévue lors du recueil du numéro, visible sur la page.
- Une preuve horodatée conservée par lead : page, libellé, date, heure.
- La possibilité de récupérer cette preuve à la demande, lead par lead.
- Un mécanisme de retrait du consentement, et sa répercussion sur les livraisons en cours.
Où en est Stam Lead sur ce sujetNos formulaires comportent déjà une case de recueil du consentement. Le dispositif complet de conservation et de restitution de la preuve est en cours de finalisation avant l'échéance. Appelez-nous au 01 88 83 82 63 pour faire le point sur votre propre situation.
Sources officielles
- Légifrance — code de la consommation, articles L. 223-1 et suivants, version au 11 août 2026
- Service-Public — démarchage téléphonique interdit : les nouvelles règles
- CNIL — prospection commerciale par téléphone
- economie.gouv.fr — respecter la réglementation sur le démarchage
Cette page présente l'état du droit tel qu'il résulte de la loi du 30 juin 2025. Elle ne constitue pas un conseil juridique. Des textes d'application sont attendus et peuvent en préciser les modalités.
Ce qu'on nous demande sur cette loi.
Qu'est-ce qui change le 11 août 2026 ?
Le principe s'inverse. Jusqu'au 10 août 2026, un professionnel peut appeler un consommateur tant que celui-ci ne s'est pas inscrit sur une liste d'opposition. À partir du 11 août 2026, aucun appel commercial n'est licite sans consentement préalable du consommateur, sauf exceptions encadrées.
Quel texte prévoit cette interdiction ?
L'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, qui modifie les articles L. 223-1 et suivants du code de la consommation. Son entrée en vigueur est fixée au 11 août 2026.
Bloctel disparaît-il vraiment ?
Oui. Le démarchage devenant interdit par défaut, la liste d'opposition Bloctel cesse d'exister à compter du 11 août 2026. Les consommateurs n'ont plus à s'y inscrire.
À quoi doit ressembler un consentement valable ?
Il doit être libre, spécifique, éclairé et univoque, et révocable à tout moment. Il suppose une action positive et spécifique de la personne : une case à cocher dédiée et non pré-cochée, par exemple. L'acceptation de conditions générales d'utilisation ne suffit pas.
Qui doit prouver que le consentement a été recueilli ?
Le professionnel. La charge de la preuve lui incombe : il doit pouvoir démontrer comment, quand et dans quelles conditions le consentement a été obtenu.
La rénovation énergétique était-elle déjà concernée avant ?
Oui. Le démarchage non sollicité était déjà interdit pour quelques secteurs, dont la rénovation énergétique et l'adaptation des logements au handicap et à la vieillesse. La loi du 30 juin 2025 étend le principe à tous les secteurs d'activité.
Y a-t-il des exceptions ?
L'appel portant sur l'exécution d'un contrat en cours reste possible. La prospection en vue de la fourniture de journaux, périodiques ou magazines fait également l'objet d'un régime particulier, encadré par décret.
Concrètement, que dois-je vérifier chez mon fournisseur de leads ?
Trois choses : que le formulaire comporte une case de consentement dédiée au rappel téléphonique, non pré-cochée et distincte de l'acceptation des CGU ; que la preuve du recueil soit conservée et vous soit transmissible ; et que la mention d'information exigée lors de la collecte du numéro figure bien sur la page.
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